
Sois belge et tais-toi ! n’a pas loupé son entrée
BRUXELLES Pour la première bruxelloise, les sept humoristes se sont fait plaisir et n’auront pas commis de fausse note. Comme chaque année, ils étaient attendus au tournant. Mais cette cuvée résonnera comme un millésime grand cru d’autant plus que le spectacle a dû s’adapter à des remaniements ministériels de dernière minute.
Avec quelque temps de retard, la famille Remy ouvre la scène. Histoire de prendre la température et de tenter d’apercevoir les quelques têtes politiques présentes. Un parterre de toutes les couleurs prêt à mettre en route l’autodérision.
Toujours aussi léger pour caricaturer nos acteurs politiques, la mise en paroles de l’actualité en quelques rimes n’est pas chose facile à l’heure de notre chaos communautaire. Pas question de choquer mais bien d’amuser la galerie et, pour cela, on peut compter sur les Remy.
Baudouin, tout d’abord, qui clonera un président socialiste revendicateur mais aussi très énergique. André, ensuite, qui s’attaquera en bon père de famille à un Herman Van Rompuy plutôt discret. Personne ne sera oublié et si le passage d’Yves Leterme chez le psy s’apparente à une solution, l’élocution du Roi en touchera plus d’un.
Point de vue contenu, rien n’a été passé sous silence. Les casquettes du PS se mêlent aux débats communautaires tandis que les bisbrouilles libérales se donnent un reflet plus mystérieux. Si vous n’avez pas tout suivi cette année, ne vous en faites pas. Les personnages sont tellement bien imités qu’il suffit de se laisser bercer. La politique belge sera passée par toutes les coutures pour nous offrir un panel ô combien humoristique de l’année écoulée.
Mais la force principale de ce spectacle réside dans le travail précis de tous les acteurs pour intégrer et reproduire à l’identique les mimiques ministérielles. D’un Jean-Marc Nollet plus vrai que nature interprété par Marc Lebon à Didier Reynders travesti par un Joël Riguelle tout simplement remarquable, ils en auront pris pour leur grade. L’Europe ne sera pas oubliée. Il est vrai qu’avec Sarkozy et Berlusconi, la caricature a encore de beaux jours devant elle.
Le Théâtre Saint-Michel plein à craquer ne s’y est pas trompé. La revue Sois belge et tais-toi ! a encore mis les petits plats dans les grands et devrait de nouveau en faire rigoler plus d’un.