Laurent Dezutter, officier de marine, s’est emporté dans un vol Ryanair et a mis 5 policiers au tapis : 6 mois de prison (1 ferme)
CARCASSONNE Le physique de Laurent Dezutter, sous-officier à la Marine nationale, a de quoi impressionner. Avec ses quelque 130 kilo et 2 mètres sous la toise, il est de ceux qu’il ne vaut mieux pas chercher. Pourtant, confie sa sœur, “il n’est pas bagarreur pour un sou, pas alcoolique et n’a jamais eu maille à partir avec la justice . Mardi, je l’ai conduit avec son fils à l’aéroport de Charleroi. Il partait en vacances et je peux vous assurer qu’il n’a pas bu une goutte d’alcool”, confie-t-elle, ignorant tout des événements qui ont conduit son frère en prison. Philippe semble en effet avoir bu l’une ou l’autre bière à l’aéroport et quelques verres d’alcool en vol.
Passablement énervé car il se sentait à l’étroit, il aurait eu quelques échanges houleux avec un passager, si bien que le commandant de bord a jugé bon d’avertir les autorités de l’aéroport de Carcassonne. Sur le tarmac, les policiers l’attendent. Les insultes fusent, les coups pleuvent. Quatre policiers en garderont de légères séquelles.
L’affaire est jugée suffisamment grave pour que le colosse, comme on le surnomme en France, comparaisse immédiatement devant le tribunal. La sanction est, elle aussi, très lourde : 6 mois de prison dont 1 ferme et 6.000 euros d’amende.
Sa sœur, avouant ne pas avoir connaissance du dossier, estime cependant la sanction particulièrement sévère. D’autant qu’elle avait adressé un courrier à l’avocat de son frère pour signaler qu’il est fragile sur le plan psychologique et que le décès accidentel de son épouse, il y a 18 mois, l’a rendu encore plus instable.
Le président du tribunal a aussi souligné l’attitude peu recommandable qu’il a eue devant son fils de 8 ans. “C’est une honte” , confesse lui-même l’accusé. Ses excuses n’auront servi à rien. Il a été écroué à la maison d’arrêt de Carcassonne.
À la Défense, on n’a pas encore officiellement été averti de l’emprisonnement du sous-officier. La nouvelle législation ne l’oblige en effet pas à signaler cette affaire étant donné qu’elle survient durant son congé.
Le 15 juillet, cependant, son congé prend fin. Il devra alors avertir sa hiérarchie qu’il est en tôle, sous peine d’être porté déserteur. Affublé désormais d’un casier judiciaire, il se verra retirer ses degrés de sécurité. En d’autres termes, son évolution au sein de la Défense est plus que compromise. Il pourrait même être obligé de changer d’affectation pour ne s’occuper que de tâches administratives ou de peu d’importance.
Vincent Schmidt
© La Dernière Heure 2010