mike
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« le: 12 Juillet 2010 à 11:58:07 » |
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Un inspecteur de la PJF raconte comment il fut muté par le directeur général de la police judiciaire
BRUXELLES On apprend que le directeur général Van Thielen, de la police judiciaire fédérale qu’il dirige, a dû intervenir dans un dossier sensible impliquant deux de ses hommes. Un inspecteur principal avait remis personnellement à un procureur du roi, l’un des 27 du pays, un dossier avec photos des activités d’un patron d’une PJ et de l’épouse de celui-ci.
L’enquête du policier l’avait conduit aux Pays-Bas, dans un club à partouzes où des filles étaient payées 500 euros de l’heure pour satisfaire une quarantaine de clients en relations vaginales, anales et orales. C’était filmé. Des scènes étaient diffusées sur slet-babette.com, un site hollandais payant spécialisé dans les gang bangs.
Le policier croyait y avoir reconnu son chef direct, le commissaire en charge à Bruges des indics et des BTS (techniques spéciales d’enquête). Il n’a aucun doute par contre sur la participation active de Mme la commissaire, “40 ans mais un corps de 20”.
Le policier, qui faisait partie d’une cellule d’enquêtes antiblanchiment, fut reçu sèchement par son procureur du roi : “Pensez-vous que cela soit bon pour votre carrière ? Est-ce clair ?”
Le lendemain, l’inspecteur Kris Daels était muté à Gand en présence du directeur général Van Thielen venu expressément de Bruxelles, selon lui. “Effet immédiat, videz votre bureau”. Et le site slet-babette fermé aussi le lendemain : par qui les gérants avaient-ils été informés?
Et le commissaire que son inspecteur croit toujours avoir reconnu, muté à Courtrai.
L’anecdote, qui ouvre les yeux sur les dessous de la police belge qui est faite d’hommes et de femmes avec leurs qualités et leurs travers, est rapportée dans le livre Alpha 20, un agent secret belge raconte, qui sort en librairie.
Kris Daels, qui a compris que son avenir à la police était compromis et a démissionné, rapporte aussi que la femme du commissaire tenait le G Spot à Blankenberge, une boutique de lingerie sexy et accessoires érotiques qui fournissait les clubs de sexe de la côte belge. Articles en vente chez G Spot : fouets, masques de cuir, bottes de latex et menottes (pas le modèle en dotation à la police belge). Le commissaire nuance : sa femme, selon lui, ne vendait que 5 % de sex toys et 20 % de tenues disons spéciales.
Toujours est-il, selon Kris Daels, que ce dossier de proxénétisme à charge du commissaire fut classé sans suite par le parquet après avoir été jugé d’emblée “non prioritaire” par son procureur.
Et si le commissaire déposa plainte contre le simple policier pour diffamation, calomnie et injures graves, la cour d’appel de Gand l’acquitta. 348 pages : c’est à lire aux Editions Jourdan.
Gilbert Dupont
© La Dernière Heure 2010
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