L’Institut de Langue Régionale Flamande milite pour que le flamand soit enseigné
Envoyé spécial en France cédric ketelair
LILLE Ne dites surtout pas à Jean-Paul Couche que le flamand occidental est un patois ! Comme 60.000 autres Nordistes, le président de l’Institut de Langue Régionale Flamande (ILRF- ANVT) parle le flamand occidental, la langue parlée jadis dans une partie du département du Nord, limitrophe à la province belge de Flandre occidentale, au nord de Lille.
L’Akademie voor Nuuze Vlaemsche Taele a pour mission de promouvoir le flamand occidental, une langue cousine du néerlandais, considérée en danger par l’Unesco, et de la faire reconnaître comme langue régionale par la République. “Notre langue d’origine est reconnue par le ministère de la Culture depuis 1999 mais pas par le ministère de l’Éducation nationale”, explique M. Couche. “Logique vu que l’éducation nationale a tout fait pour faire disparaître cette langue.”
Au début du XXe siècle, les enfants d’Hazebrouck, de Steenvoorde ou de Cassel ne parlaient pas un mot de français. Le ministère envoyait des enseignants d’autres régions de France pour obliger les enfants à parler le français. “À l’école, il était interdit de cracher et de parler flamand”, se souvient un vieil homme de Cassel. “À six ans, je ne parlais pas un mot de français.” Mais aujourd’hui, sous l’impulsion de l’ILRF-ANVT, une centaine d’enfants apprennent le flamand à l’école primaire.
Les adultes peuvent l’apprendre en cours du soir, ils sont environ 500 actuellement. “Nous souhaitons que l’enseignement du flamand soit un tremplin vers les autres langues germaniques.”
En matière touristique, le flamand est à la mode. Le musée de Noordpeene, consacré à la troisième bataille de Cassel (1672-1678) est bilingue, français-flamand. À Cassel, un musée consacré à l’identité flamande ouvrira ses portes en octobre.
© La Dernière Heure 2010
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