25 à 30 enfants victimes de ce traumatisme pour 120.000 naissances
BRUXELLES Le syndrome du bébé secoué est le nom donné à une pathologie découverte il y a trente ans. Elle désigne un traumatisme cérébral qui touche des bébés et qui peut entraîner la mort ou des lésions neurologiques irrémédiables. Parmi les petites victimes, 10 % décèdent, 25 % soufrent d’hémiplégie, de retard mental ou de cécité, et 50 % risquent une épilepsie contrôlée, un retard mental modéré. Seul moins d’un enfant sur quatre s’en sortirait indemne. En France, l’incidence serait de 700 nouveaux cas par an.
Et chez nous ? Une estimation a été réalisée par le docteur Dubru, conseiller pédiatre à l’ONE, sur la base de ses échanges avec ses collègues neurologues. Vingt-cinq à trente enfants seraient victimes de ce traumatisme pour 120.000 naissances en Belgique : en Grande-Bretagne, on dénombre 20 à 25 bébés ayant subi ce syndrome pour 100.000 naissances.
Les conséquences pour le nourrisson peuvent être de gravité diverse : on constate 10 à 20 % de mortalité, même en l’absence de lésions externes; 35 à 50 % de morbidité (à cause desquelles l’enfant garde un handicap); 20 à 50 % de cas sans séquelles apparentes à court terme.
Les causes ? Des statistiques françaises révèlent que 10 % des cas seraient le résultat d’une maltraitance intentionnelle et 90 % d’actes inconsidérés ou occasionnels, comme les gestes malencontreux lors d’un jeu, les tentatives de réanimation d’un nourrisson faisant un malaise…
V. Li.
© La Dernière Heure 2010